Ce que l’aventure Sud africaine nous apprend sur le management
Par Olivier Gajan
Ce que l’aventure Sud africaine nous apprend sur le management
Par Olivier Gajan
mardi 22 juin 2010
La catastrophique et ubuesque aventure des bleus a été largement commentée, décriée, moquée. Il ne s'agit pas ici d'en rajouter sur les hommes, le ridicule de la situation. Cependant, la séquence Raymond Domenech est un modèle d'analyse en terme de management que nous pouvons utiliser et comparer à notre étude de l'Observatoire du management.
Tout d'abord l'historique :
Séquence 1 : Qualification pour le mondial 2006 (Et oui, il faut remonter à la base pour comprendre ce qui se passe aujourd'hui).
Domenech souhaite construire une nouvelle génération en éliminant les leaders de la veille encore en activité (Zidane, Petit, Lizarazu....). Les autres leaders incontestables et les plus importants ayant mis fin à leur carrière de joueur (Deschamps, Blanc).
La démarche peut être défendue. Cependant la manière de le faire est critiquée et les leaders écartés sans ménagement feront ses ennemis du futur car ils deviendront les commentateurs du manager.
Cependant, Domenech sans leader est vite limité et doit rappeler les joueurs emblématiques et d'expérience pour passer l'obstacle des qualifications.
Cet apport des Zidane, Thuram, Makelele, Vieira donne confiance et envie à la jeune génération et leur permet de passer ces qualifications avec succès.
Leçon de la séquence 1 : Lorsque vous avez besoin de résultat rapide, il est nécessaire de faire "tirer" votre équipe par des leaders plutôt que d'essayer de pousser les moins bons à être meilleurs.
Sur le long terme, en revanche il faut tout de même travailler à préparer l'ensemble de l'équipe au départ de vos leaders. Lorsque vous prenez le pouvoir, si vous n'y prenez pas garde, les personnes que vous privez de ce pouvoir risquent d'être vos "barons" de demain si vous oubliez de valoriser leur action.
Séquence 2 : Malgré de nombreuses critiques, et des débuts difficiles, les Français se révèlent en phase finale autour d'un objectif : "être présent lors de la finale".
Une fois cet objectif atteint, le jour de la finale, plus d'objectif collectif, donc chaque joueur se donne un objectif individuel. En l'occurrence, le leader sur le terrain en avait un, Zidane voulait marquer l'histoire en étant le premier à gagner deux finales en marquant les deux fois. Deux minutes après avoir failli mettre ce fameux coup de tête qui aurait marqué l'histoire, le faisant entrer au panthéon des footballeurs du monde, il en mit un autre, beaucoup moins glorieux, fusillant ainsi la confiance et le moral du reste de l'équipe, mais cela n'avait plus d'importance pour lui.
Leçon de la séquence 2 : Un objectif fédérateur mobilise et rend performant une équipe dans le même sens. Lorsque cet objectif est atteint et qu'aucun ne le remplace, alors chaque acteur se resserre autour de ses propres intérêts.
Séquence 3: Sans vraie analyse managériale de ce, quand même, bon résultat de l'équipe de France, Raymond Domenech est reconduit dans ses fonctions pour quatre ans. Sans analyse de ses manques sur la qualification difficile des Français et sur le pourquoi de la perte de la finale. Cette décision a donc eu un impact direct sur ce que nous vivons aujourd'hui.
Leçon de la séquence 3 : Il est nécessaire d'analyser les mauvais résultats pour réagir, mais également les bons car ils peuvent parfois être l'arbre qui cache la forêt.
Séquence 4: L'Euro 2008, calamiteux, avec des joueurs compétents dans leur club, apparaissent au grand jour les manquements au management humain et tactique du manager Raymond Domenech. Il n'a pas su trouver les leaders qui relayeront sa voix sur le terrain. Mais il est reconduit car il assure que son objectif est 2010 et donc que cet échec n'est qu'une étape dans la construction du groupe.
Leçon de la séquence 4 : L'objectif est certes très important mais un véritable "plan" pour l'atteindre est également nécessaire, les dirigeants ayant reconduit Domenech ont oublié de s'en assurer pour éviter un autre problème qui était le paiement du dédit au contrat de 4 ans du sélectionneur.
Séquence 5 : Qualification au mondial 2010
L'équipe navigue à vue, sans véritable direction et les joueurs sentant la catastrophe arriver, et les conséquences néfastes de celle-ci sur leur propre carrière, envoient leur leader Thierry Henry négocier une "entente" avec le sélectionneur autour d'un objectif commun. Les joueurs prennent les choses à leur compte et l'envie revient dans ce contexte difficile et se qualifient de manière discutable, certes, mais avec une envie nouvelle et avec l'émergence d'un leader. Malheureusement, la manière d'obtenir le résultat aura des conséquences psychologiques sur celui-ci et sera très peu payé et soutenu pour ce sacrifice.
Leçon de la séquence 5 : A tout pouvoir l'existence d'un contre-pouvoir est bonne afin de recadrer les dérives ou les incompréhensions liées à l'exercice solitaire de ce pouvoir.
Séquence 6 : La sélection. Après une année faste pour les clubs français en Europe, les compétences sont nombreuses et nous sommes sûrs que le sélectionneur quels que soient ses choix (qu'un technicien pourrait contester mais ce n'est pas le sujet) pourra bénéficier de joueurs compétents dans leur club. Seul bémol, la méforme de son leader Thierry Henry, écarté et dans l'impossibilité psychologique de jouer son rôle de leader charismatique.
La préparation commence de manière positive car l'envie de bien faire est sans aucun doute présente dans tous les esprits. A l'heure ou nous écrivons ces lignes nous ne savons pas si le projet sportif pour cette coupe du monde est présenté aux joueurs, néanmoins le seul objectif présenté aux médias est peu mobilisateur ( aller loin au moins en quart de finale). Pendant les matchs de préparation nous verrons bien que certains joueurs se seront mobilisés sur des objectifs individuels et non collectifs, ne constituant donc pas une équipe efficace. Les clans se forment et de multiples contre-pouvoir apparaissent.
Leçon de la séquence 6 : Un objectif qui ne mobilise pas fragilise, et tue le collectif au profit de l'individualisme ou du communautarisme.
Séquence 7: Les deux premiers matchs : le collectif est absent et chaque joueur ou groupe de joueurs essaie de se montrer sans penser ou jouer avec les autres. Les limites sont éclatantes. La synergie fait place à l'individualisme et les dissensions apparaissent. Lorsque l'entraîneur essaie de redonner des consignes, il est en but aux insultes d'un joueur. La fameuse phrase que nous ne reprendrons pas ici avait une signification profonde et motivée. Il fallait comprendre: "Monsieur l'entraîneur, sans le respect que je n'ai plus pour vous, vous me faites jouer à un poste dans lequel je ne me sens pas bien et qui ne me permet pas de montrer mes qualités. Cela a des conséquences importantes pour ma carrière que je ne pourrai pas valoriser mes contrats et mes sponsors, aussi suis-je inquiet et mal à l'aise".
Leçon de la séquence 7 : La suite logique de la séquence 6 donc même leçon.
Séquence 8 : L'histoire est relayée dans les médias et le manager qui aurait pu défendre son joueur et sa crédibilité en passant le message que le recadrage a été fait et que l'histoire est traitée en interne, qu'il s'agissait d'une simple réaction émotionnelle compréhensible : en sommes, rien de grave. Mais il choisit de s'en servir pour mettre la responsabilité de l'échec sur ses joueurs afin d'éviter l'éclatement des instances dirigeantes qui font l'objet de la gabegie des médias. Une stratégie bien souvent employée pas certains managers d'entreprises cachant leurs mauvais résultats derrière la soi-disant incompétence de leur collaborateur.
La réaction logique des joueurs est la fronde et la rébellion dont la grève d'entraînement a pour objectif d'écarter l'entraîneur du pouvoir et reprendre leur destin seul en main. Loin d'être une réaction d'enfants gâtés, c'est l'instinct de survie qui les poussent dans ce sens et leur permet de collectivement se remobiliser collectivement contre le pouvoir. Cela leur permettra sûrement d'y retrouver une cohésion sur le terrain mais sera-t-elle suffisante? A l'heure où nous écrivons ces lignes nous ne le savons pas encore.
Leçon de la séquence 8 : Si vous ne mobilisez pas votre équipe derrière un projet commun et si, en plus, vous cachez vos manques en vous déresponsabilisant derrière les incompétences de vos collaborateurs, ceux-ci se rebelleront naturellement en retrouvant l'esprit d'équipe contre vous. Cela peut avoir un effet positif à court terme car l'équipe est à nouveau collective. A moyen terme, il manquera une direction et des repères clairs et cette mobilisation éclatera une fois l'objectif atteint, la mise à l'écart du manager.
Selon notre analyse donc, le simple changement de manager suffira à résoudre le problème de l'équipe de France. Il n’est point nécessaire de remettre en cause, les joueurs, les salaires, le sport...Comme il est écrit ici ou là.
Nous avions écrit ces lignes avant la dernière défaite des bleus. Celle-ci intervenue, il est une dernière leçon que nous pouvons tirer de la période Domenech. En effet, il est beaucoup reproché aux joueurs leur distance, leur prétention face à leur public, ceci seulement lorsqu'il sont en équipe de France, car en Club, cela leur est peu reproché apparemment. Nous pouvons nous poser la question de savoir s'il n'y eut pas, en effet un mimétisme avec leur manager. En réalité une équipe finit toujours par ressembler à son manager...Surtout quand celui-ci reste si longtemps. N'a-t-on pas l'équipe que l'on mérite?
Alors pourquoi revenir sur cette triste histoire dont les médias nous abreuvent ces jours-ci à plein temps ? Parce que les conclusions de notre observatoire du management présente les mêmes symptômes que l'équipe de France de football. La majorité des salariés cadres et non cadres qui ont répondu à notre enquête nous disent finalement la même chose que les joueurs de l'équipe de France. "Les compétences et le savoir faire sont là, mais il n'y a pas d'objectifs collectifs et j'ai donc l'impression que mes objectifs individuels ne sont pas pris en compte, je ne suis donc pas motivé et me resserre donc sur mes propres intérêts et ne suis solidaire de mon équipe que pour pallier aux manquements de mon management ».
Les enjeux et la médiatisation d'une coupe du monde sont tels que nous pouvons l'observer dans un temps très court dans le sport. Ce même phénomène se produit plus doucement mais assez sûrement dans nos entreprises. Ferez vous comme les dirigeants de la Fédération Française de Football, attendrez-vous que la situation éclate avant de réagir
Vos réactions
Très bien d’amener votre business par le foot mais pour être cohérent je vous invite à faire la même analyse avec l’équipe d’ITALIE qui était l’autre finaliste 2006 et qui a eu le même sort que l’équipe de FRANCE. L’ITALIE avait un entraineur compétent talentueux et reconnu par ses pairs. D’ailleurs il a montré sa différence avec DOMENECH en faisant un discours public où il reconnaît s’être trompé en choisissant la méthode que vous prônez donc ne faut-il pas ne pas tirer de conclusion trop hâtive ?
Pour aller dans votre sens, était-il judicieux de la part d’ESCALETTE d’annoncer dès février que le remplaçant de DOMENECH serait connu dès mi-mai 2010 !! Par rapport à la mise en place de leaders, DOMENECH avait 4 ans pour réaliser sa mission, reconstruire une équipe avec une génération nouvelle en incorporant des leaders. Je ne peux pas croire une seconde que nous n’en ayons pas en France ? Nos joueurs jouent pour la plupart dans les championnats étrangers prestigieux et sont reconnus dans ces championnats ? Doit-on penser que ce ne sont que des mercenaires ? Prenons RIBERY, le Bayern a construit son équipe pour jouer autour de RIBERY en le mettant dans de bonnes conditions physiques et psychiques. Pourquoi cela, ne sa passe pas en EQUIPE de France ? Pourquoi ANELKA est-il adulé à CHELSEA (par son entraineur, la presse anglaise et les supporters) et que rien ne se passe en équipe de France ? Son contrat n’a-t-il pas été prolongé la semaine dernière !!!
Il est vrai que nous avions ZIDANE joueur génial et exceptionnel mais en 2002 ZIDANE blessé, la France a connu le même sort qu’aujourd’hui et ESCALETTE comme DOMENECH n’étaient pas là. L’entraineur de l’époque était un meneur d’hommes (Roger LEMERRE) et la plupart des joueurs vainqueurs de la coupe du monde 1998 et du championnat d’Europe 2000 étaient présents. Donc attention à la conclusion trop hâtive encore une fois.
Mais comme vous je me suis intéressé de loin au balbutiement de l’équipe de France et cet aspect managérial. Pour moi, pire que vous DOMENECH aurait dû être viré avec perte et fracas suite à l’élimination au 1er tour du championnat d’Europe en 2008. Une nouvelle équipe avec une autre stratégie de communication et jeu aurait dû être mise en place. Ce qui se passe aujourd’hui est totalement surréaliste. Les politiques vont se mêler de sport et de football où la FFF est une association loi 1901 donc par droit indépendante de l’état. Ont-ils que ça à faire dans cette époque de crise où par exemple le logiciel d’ERP CHORUS , logiciel le plus couteux jamais réalisé par un état ( plus de 2Milliard d’euros ) est un fiasco complet pénalisant nombre de sociétés par le non paiements de factures et de projets vitaux pour la nation qui sont ajournés ou supprimés. Mais peu de monde en parle !!! .
A l’heure actuelle seule l’équipe de France est en cause soit 23 joueurs. Fort heureusement un très bon travail est fait par la fédération pour toute la partie amateur qui est fonctionnelle et opérationnelle et qui est le gros du football en effectifs. Mais il faut vite que les valeurs fondamentales redeviennent la base de l’équipe de France. Souhaitons à BLANC de remettre ses valeurs en route avec des leaders qui sauront faire passer son message sinon la France va venir au niveau des iles FEROE en foot. Il semble qu’il ait un contrat qui lui stipule un objectif et que s’il n’est pas atteint c’est la porte mais est ce que DOMENECH en avait un similaire ???? Le licenciement de LEMERRE en 2002 a couté des sommes astronomiques car très mal rédigé. Mais c’et le passé qui ne peut plus être modifié donc il est plus intéressant de s’intéresser à l’avenir.
Pour revenir à votre synthèse de management je la partage dans ses grandes lignes mais dans un environnement professionnel de travail hors du sport : Que le leader est le centre, qu’il faut vite savoir le reconnaître et le gérer en ayant découvert ce qui le fait avancer. C’est le rôle d’un bon manager.
Merci pour votre réponse
Bien cordialement
Pascal VUILLERMOZ
Notre réponse:
En réponse i je dirais que notre article ne prends en compte que la situation de l'équipe de France sur ce Mondial. Les problèmes de management qu'elle a connu ici sont unique. Cela veut aussi dire que cette analyse ne s'applique pas forcément à toutes les équipes. La défaite de l'Italie est visiblement plus sportive. La France mieux managé n'aurait pas forcément gagné, mais au moins aurait-elle pu jouer plus proche de la somme du niveau de ces joueurs. Comme vous le rappelez ceux-ci sont appréciés par de grands clubs européens. Certains disent que ceux sont leur co-équipiers dans ces clubs qui les font briller. Je ne suis pas assez spécialiste pour en juger.
En 2002, en effet, Escalette et Domenech étaient absents et nous avions perdu malgré un entraineur de qualité. Cependant, deux leaders, les vrais leaders de France 98, avaient alors mis fin à leur carrière (Deschamps et Blanc). Zidane blessé, la confiance s'est également envolée chez les bleus. Un autre exemple illustrant très bien cela se trouve dans la dernière coupe du monde de rugby. L'Angleterre en poule, passe de justesse en jouant un Rugby très moyen. Wilkinson rentre en 8ème de finale et tous les joueurs Anglais se mettent à bien jouer. Le jour ou nous les avons rencontrés et après les avoir battu largement 2 mois plus tôt, ils n'avaient plus peur, nous si, la différence? Wilkinson était sur le terrain cette fois-ci.
Sur le reste nous sommes bien entendu d'accord et cette péripétie sportive n'est qu'une illustration, clownesque, mais également très sérieuse, car ces manque en management, nous les croisons régulièrement en entreprise et, vous avez raison, également en politique.
Quant au futur, il semble, en effet que la remise au point à commencer par définir les vraies valeurs d'une équipe Nationale (le plaisir d'être présent pour le public, la joie d'être ensemble, le respect des adversaires et du travail à accomplir..) semble la priorité avant même de trouver un leader.
Vos réactions
Bonjour,
Votre article m'amène à faire plusieurs remarques:
- la dynamique de groupe vaut pour tout type de groupe, que celui ci soit sportif ou de travail, en cela, votre analogie est intéressante car elle visualise de manière pragmatique les interactions entre les différents acteurs du groupe, Mr Anzieu a déjà travaillé sur ce sujet mais il faut avoué que l'exemple que vous utilisez est sans doute plus parlant que celui des abeilles et des fourmis!
- l'aspect affectif n'apparaît cependant pas dans votre démonstration et il me semble qu'il est pourtant majeur dans l'étude de ce cas et, de manière plus général, dans toute analyse d'un groupe en action. Dans un collectif de travail, les interactions affectives entre chaque membre impactent toutes les relations, quelles soit fonctionnelles ou organisationnelles. Dans le cas de l'Équipe de France, le "manque d'amour" , le "désamour" entre les joueurs, avec les supporteurs, les journalistes, ...ont souvent été détaillés dans la presse. Et l'on sait, par expérimentation et par expériences, que la construction de liens affectifs au sein d'un collectif étaye notamment la motivation à agir (ensemble). Quand un manager est en défaut sur ce point, ou volontairement détruit ces liens (l'une des caractéristiques du harcèlement moral), les effets sur l'équipe qu'il encadre sont visibles à moyen et long terme, et rarement positifs sur le collectif.
- les rôles joués par les différents acteurs hors du groupe n'apparaissent pas non plus : un collectif se différencie des "personnes extérieures " à ce groupe en ce qu'il a constitué de spécifiques à sa propre existence, et, dans le même temps, ses "différences" ne sont en visibilité que parce qu'il existe ce fameux "extérieur", qui le regarde (au mieux). L'expérience montre que le regard de cet "extérieur" influence aussi le collectif constitué. Aujourd'hui, nos technologies ouvrent tout collectif aux regards, aux écoutes et l'équipe de France, dévoilée dans son intimité ("le regard des les bleus", les propos d'Anelka dans les vestiaires, les "échanges verbaux" sur le stade d'entraînement, filmés et décryptés,..) a été, pour le coup, fortement contrainte par les "extérieurs". Leurs légitimités à intervenir n'est pas le propos mais, quoiqu'on en pense, leurs regards ont bien impacté le collectif sportif. Dans l'entreprise, l'extérieur pose son regard et ses critiques sur le collectif de travail, et l'on voit paraître moult chartes, process, édits, pour cadrer les membres du groupe dans leurs relations avec l'extérieur, tant éthiquement que fonctionnellement.
Des leçons sont elles à tirer de ces deux points?
Cordialement
Cécile Hémé
Notre réponse:
Tout d'abord, je vous remercie pour vos apports dans notre réflexions sur le management.
Effectivement, essentiellement pour des raisons de longueur d'article, l'affectif et le regard extérieur sont occultés. Je vous remercie donc d'y mettre bon ordre.
Sur ces deux points donc, quelques précisions sur nos croyances:
-L'affectif est effectivement une part importante dans la dynamique d'équipe. Cependant, comme vous le faites remarquer, il peut jouer à la fois "pour" et à la fois "contre". Dans l'exemple de l'équipe de France, le manque d'affectif s'est transformé en "colère". Nous l'avons bien vu au travers de cette "grève", l'affectif mène à l'irrationalité, à la fois dans les actions et dans la communication. C'est pour cela que cet aspect des relations intra-équipe doit être manié avec la même précaution que la dynamite. Une absence d'affectif mène donc au mieux à l'individualisme ou au communautarisme, au pire à la "colère" et sur le long terme la "haine". Cependant trop d'affectif personnel peut mener également au même point. Aussi, ce que nous préconisons est de créer de l'affectif autour de valeurs communes plus qu'autour de l'homme. Même si pour vous rejoindre, le manager doit arriver, non pas à se faire "aimer", mais à se faire respecter tout en donnant du "plaisir" à son équipe. Les valeurs sont donc le levier idéal pour cela.
-Concernant le regard extérieur, nous sommes entièrement d'accord avec votre analyse. Celui-ci est important car il crée la confiance et la dynamique de groupe. "La confiance extérieure transcende la performance intérieure". Nous pourrions nous demander si, dans le cas qui nous occupe, le journal "l'équipe" n'a pas "instrumentalisé" cela en sortant l'affaire Anelka avant le troisième match décisif afin de déstabiliser définitivement (je devrais dire "achever") l'équipe de France. Ce journal n'avait pas caché sa "haine" du sélectionneur. Ce journal a-t-il voulu écarter l'écueil de 1998, alors qu'après avoir beaucoup critiqué Aymé Jacquet, l'équipe de France avait gagné la coupe du monde, décridibilisant du même coup le quotidien sportif ? La séquence politique actuelle est un autre exemple qui illustre très bien vos propos. Mélétys au travers de ses études travaille activement sur ces sujets fondamentaux avec ses entreprises clientes.
Olivier Gajan