L'aventure Sud Africaine suite et fin
L'aventure Sud Africaine suite et fin
mardi 24 août 2010
Notre analyse de l’aventure, ou plutôt la mésaventure des bleus appelait une suite de par le nombre de retours que nous avons eu et également par l’intérêt managérial qu’elle revêt.
Tout d’abord s’agissant des vainqueurs ; les Espagnols. Ils étaient déjà favoris et ont réussi à être à la hauteur des espérances placées en eux : bravo !
L’expérience espagnole est notable, car tous les commentateurs ont loué leur capacité à être une équipe avec des joueurs au service des autres. Si l’on rapproche cela de leur politique de club depuis une dizaine d’années, cela devient intéressant. En effet, ils ont été beaucoup critiqués pour avoir acheté les meilleurs joueurs étrangers de la planète, à grand renfort d’argent. Les joueurs espagnols étant réduits à être au service de ces vedettes durant de nombreuses années. Cet état d’esprit étant ancré chez les jeunes joueurs espagnols, ceux-ci se sont mis au service des uns des autres, construisant une équipe altruiste avec des résultats superbes. Leur niveau individuel a également beaucoup progressé en côtoyant les plus grands footballeurs de la planète. L’argent, si vilipendé, dépensé pour les joueurs étrangers aura servi d’investissement dont le retour se voit depuis deux ans sur l’équipe nationale. En cela cette expérience est intéressante car elle se rapproche d’une courbe d’investissement pour une entreprise, qui ne verra pas de résultats immédiats mais plutôt sur le moyen et le long terme.
Mais investir pour miser sur le futur est un acte courageux. Tenir sa ligne de conduite sans se faire influencer par les résultats du court terme, est encore plus louable.
L’analyse s’arrête là et nous ne prétendons pas fournir ici la réponse à tous les problèmes du football français, et du management en général. De même le modèle espagnol n’est probablement pas applicable pour tous et tout le temps.
Cependant, il est à noter que nous avons suivi une trajectoire exactement inverse avec d’excellentes écoles de formation en France, dont les meilleures pépites ne rêvent que d’une chose : aller jouer à l’étranger avec des joueurs qui leur permettront, d’être mis en valeur. Avec les résultats que l’on sait pour l’équipe nationale…
Il est, maintenant, intéressant de noter que ce que nous vous annoncions dans notre article précédent se produit. Laurent Blanc tient les discours que nous attendions et, dans ses premières interventions, celui-ci parle avant tout de remobiliser un groupe autour de valeurs communes… Car, encore une fois, quand le projet n’est pas encore défini, voire incertain, les seules éléments mobilisateurs et immuables sont les valeurs.
Enfin, un commentaire sur les derniers rebondissements de ce malheureux épisode : les sanctions montrent que la FFF n’a pas voulu comprendre ou entendre les leçons de la mutinerie. Certains joueurs sont sanctionnés ; d’autres ne le sont pas alors que la responsabilité est collective ! L’un d’entre eux écope de 18 matches de suspension alors qu’il n’était pas dans le bus, foyer de la rebellion. Quant à Raymond Domenech il s’en va probablement avec un chèque conséquent. Les responsables ne sont donc pas responsables… Intéressant en matière de management et encore un exemple à mettre en parallèle de nos organisations économiques et de nos modes de gestion des collaborateurs.
Et vous, comment gérer vous vos ressources humaines ? Quel est votre mode de management ?
Olivier Gajan
Observatoire du management résultats