Les communautarismes et le management
Les communautarismes et le management
mercredi 1 septembre 2010
Nous avons eu de nombreux échanges, suite à nos derniers articles sur la corrélation qu’il pouvait y avoir entre le management de nos entreprises et le sport. Il en est ressorti, entre autres, que nos réflexions pouvaient avoir des déclinaisons dans différents domaines de notre vie courante et de notre environnement.
Ainsi, notre première réflexion porte sur un sujet de société récurrent qui alimente les conversations depuis le zinc du bar jusqu’aux plus hautes sphères de l’état. Il s’agit du communautarisme.
En effet, notre histoire est jalonnée d’intégrations de différentes communautés et l’on peut ainsi observer différentes formes de communautarisme que l’on peut rapprocher des groupes de population à l’intérieur des entreprises :
•Le communautarisme stratégique ; On se rassemble par religion, ethnie, provenance, mode de vie, entreprises, de manière à s’entraider afin de mieux intégrer le territoire sur lequel on se trouve. On y entretient ses particularismes tout en restant en symbiose avec le territoire. On peut citer l’exemple de la communauté chinoise à Paris ou New York.
oAnalogie managériale :
Ce communautarisme là est très intéressant d’un point de vue managérial car c’est ce que tout bon manager essayera de favoriser en développant des valeurs et des projets communs à tous ses employés tout en se servant de son « territoire », son marché et ses règles comme de leviers ou d’opportunités pour faire prospérer ses valeurs et sa communauté.
•Le communautarisme de défense : On se rassemble pour se défendre contre un territoire dont les règles ou le fonctionnement nous semble « défavorables ». Le but devient donc de développer des comportements « déviants » au territoire en question, afin de le rendre plus favorable à la communauté, en créant un nouveau « territoire» en opposition au territoire existant.
oVision managériale : Ce communautarisme là existe également dans l’entreprise et le manager voudra l’éviter à tout prix. Il existe bien souvent au sein d’une organisation de par le manque de repères perçu par les collaborateurs. La nature ayant horreur du vide, ceux-ci se créent de nouveaux repères ou objectifs par groupes afin de mieux « gérer » leur environnement direct. Aux risques que les intérêts du groupe ainsi créé ne soit pas les mêmes que ceux de l’organisation dont ils font partie.
Un travail sur la communication des valeurs et les objectifs de l’entreprise sera, dans ce cas, nécessaire afin de les revendre aux communautés et leur montrer que l’intérêt du groupe est d’œuvrer pour l’intérêt de l’entreprise ou du service.
Comme le montrent les évènements récents, plus le manager laisse perdurer la constitution de communauté de défense, plus il sera difficile de trouver des angles de communication efficaces pour que ces communautés deviennent « stratégiques » et œuvrent dans l’intérêt de l’ensemble du territoire.
•Le communautarisme choisi: il répond simplement au besoin social ou spirituel de chacun. Ce communautarisme permet de s'insérer dans un groupe social "gratuitement". Il ne permet pas forcément de faire progresser ou de progresser sur le territoire, mais permet de mieux le vivre. Il fait partie du cercle intime de chacun. Certains réseaux sociaux correspondent à ce besoin très fort pour l'homme de se regrouper. Il n'est pas dangereux tant que les règles et valeurs du territoire sont favorables à son épanouissement. Il peut se transformer en communautarisme de défense dès qu'un danger pour le groupe ou un individu du groupe est perçu.
oVision managériale : Un manager laissera se développer ces communautés tout en prêtant une attention particulière à leur développement et en les utilisant parfois.
Olivier Gajan